LittleBigPlanet (PlayStation 3)
Il y a peu, un certain Peter M. affirmait qu’il manquait à Sony un titre définissant la PS3 et que LittleBigPlanet – réalisé par d’anciens de chez Lionhead – pourrait bien être ce messie. Si le premier point se discute, le second est désormais une certitude.
Test
Note globale :
Genre : Plate-forme
Sortie : 7/11/2008
Multijoueurs : Oui, 4 joueurs
Internet : Oui
Éditeur : SONY
Développeur : Media Molecule / WWS
Langues : Francais
Difficile de dire si le coupable fut Tomb Raider ou Mario 64, voire les deux, mais une chose est sure : fin 1996, la plateforme 2D s’est pris une balle à bout portant et végète depuis dans un coma déprimant. Mais alors que les grands spécialistes du genre s’en détournaient, d’anonymes fidèles venus de la scène indépendante se sont discrètement mis à l’œuvre. Wik & The Fable of Souls, N+, Gish, Eets, Gumboy, jusqu’au récent Braid… tous ont patiemment et minutieusement tissé un cocon régénérateur, infusant des idées novatrices. Et aujourd’hui, le cocon se rompt.
L’effet Sackboy
LittleBigPlanet se distingue immédiatement par son univers visuel. Au-delà de sa réalisation technique irréprochable, on est happé par un design aussi évocateur que Toy Story. Tout ici sort de l’imagination d’un enfant : les châteaux en carton, les nuages de coton se balançant au bout d’un fil, les personnages campés par des poupées de chiffons, les voitures modèles réduits, les animaux articulés en bois, les petits soldats en plastique… Chaque monde (Europe, Afrique, Asie, Inde) rivalise de beauté et possède une phénoménale ambiance sonore.Difficile aussi de résister au charme de nos avatars, les Sackboys que l’on peut déguiser avec une pléthore d’accessoires et affubler d’hilarantes grimaces. Mais sous ce fabuleux habillage 3D réside un véritable jeu de plate-forme en 2D, dans la plus pure tradition du genre.

Big Bang
Bien qu’il y ait trois plans de profondeur (par exemple pour passer devant ou derrière un objet), les déplacements demeurent sur deux axes. Les commandes se résument à courir à gauche ou à droite, sauter et agripper un objet. Pourtant, cette base suffit à profiter d’une incroyable diversité de situations. LBP s’appuie pour cela sur deux éléments, le premier étant la physique. L’inertie des personnages, le poids des objets, l’équilibre, la force centrifuge ou la vitesse, la gravité, l’élasticité… Autant de façons d’interagir avec l’environnement, que ce soit pour se balancer au bout de lianes, construire un marchepied, bloquer une balançoire, remplir un contrepoids, se faire projeter par des rotors ou encore déplacer un trampoline pour renvoyer des bombes. Ce qui nous amène au second point : les objets. Ils sont très nombreux et variés. Traîneaux de chiens, explosifs à retardements, bumper façon Sonic, ennemis à la Mario, roues circulaires (type hamster), voitures, jetpack, montgolfière… Media Molecule s’avère extrêmement inventif, autant dans l’emploi des objets que dans le design des niveaux et des minijeux annexes, même s’il faut reconnaître que la créativité s’essouffle un peu sur la fin, laissant place à de la plate-forme pure et dure nécessitant une grande précision.La Création
S’il se limitait à cela, LBP, malgré une maniabilité parfois un peu délicate, serait déjà un excellent jeu de plate-forme, mais il acquiert le statut de "révolutionnaire" grâce à deux atouts majeurs.D’une part son mode coopératif/compétitif. Le jeu est conçu pour être parcouru par plusieurs joueurs et l’on trouve régulièrement des zones spéciales nécessitant que deux, puis quatre Sackboys s’entraident pour surmonter les obstacles.
Mais parallèlement, la compétition fait rage pour ramasser les orbes bleutés qui détermine le score en fin de niveau. D’autre part, son éditeur de niveau, car il faut bien comprendre que tout ce que l’on a évoqué jusqu’à maintenant ne constitue en réalité qu’une initiation durant laquelle les développeurs montrent ce dont leur magnifique joujou est capable, une phase durant laquelle vous collecter une quantité astronomique d’éléments (objets, textures, animaux…) que vous pourrez utiliser par la suite. Autant être clair, si l’éditeur s’appuie sur une bonne ergonomie et des leçons bien conçues, on reste loin de l’accessibilité d’un TrackMania. Parvenir à exploiter la richesse démentielle de cet outil demande un réel investissement, mais l’on a ensuite le plaisir de se connecter au PSN pour partager ses créations et expérimenter celles des autres (que l’on peut "noter"). Et vu les premières productions de la communauté formée autour de la béta, attendez-vous à une explosion de créativité comme le jeu vidéo n’en a jamais connue. Sony tient sans doute là ce qui restera comme l’un des titres majeurs de cette génération.
Test réalisé par Frédéric Dufresne.
Note globale :
Intérêt :
LBP brille autant par le fond que par la forme. Son univers séduisant met en valeur un jeu de plate-forme ingénieux d’une richesse peu commune. Malgré un petit souci de maniabilité, il ne fait aucun doute qu’il deviendra un phénomène communautaire hors norme.
Graphisme :
Bien qu’il soit techniquement impressionnant, LBP met surtout en avant son design incroyable qui lui confère une identité unique. Sackboy risque de devenir la mascotte, de facto, de la PS3.
Animation :
Les animations des Sackboy sont excellentes, leurs mimiques incroyablement expressives. Le jeu est un modèle de fluidité, même lorsque l’écran zoome et dézoome constamment.
Son :
L’environnement sonore est particulièrement inspiré. Des bruitages enfantins en adéquation avec l’univers, aux musiques exceptionnelles (notamment le morceau Tapha Niang malheureusement retiré par Sony), en passant par les voix françaises
Jouabilité :
Si le jeu se prend en main avec une facilité enfantine et que les mécaniques, d’une grande variété, fonctionnent généralement parfaitement, on butte parfois sur les déplacements entre plans de profondeur. L’éditeur nécessite aussi un investissement qui en rebutera beaucoup.
Multijoueur :
Il est rare d’avoir des jeux de plate-forme coopératifs, surtout lorsqu’ils sont aussi bien pensés. Mais ce qui vaut au multi ce 19, c’est avant tout l’éditeur de niveau, incroyablement puissant, et la communauté créatrice qui promet de grandes choses.
Difficulté :
La courbe de difficulté est plutôt bien réglée mais sur la fin, on tombe dans certains extrêmes qui risquent d’énerver plus d’un joueur.
Durée de vie :
La campagne principale propose une durée de vie correcte, d’autant que de nombreux minijeux se débloquent en parallèle, mais c’est évidement la partie création et échange de niveau qui garantit une durée de vie énorme.
Avis de la rédaction
A qui s’adresse ce jeu ?
- Aux joueurs de plus de 7 ans
- Aux amateurs de plates-formes
- Aux créatifs réprimés
- Et à tous les autres
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