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Prince of Persia : Les Sables Oubliés (PlayStation 3)

Profitant de la sortie du film, Ubisoft se fend d’un Prince of Persia revenant sur la saga des Sables du Temps. Un choix avisé, regrettable ou simplement opportuniste ? Sans doute un peu des trois.

Test

Infos sur le jeu

Note globale :
Genre : Action / aventure
Sortie : 20/5/2010
Multijoueurs : Non

Éditeur : UBISOFT
Développeur : Ubisoft Montréal
Langues : Francais

D’emblée, ce Prince of Persia génère un dilemme. Doit-on l’aborder comme le titre indépendant que certains découvriront après avoir vu le long métrage ou comme le nouvel opus d’une saga au passé chargé ?

C’était mieux avant ?

Design visuel fabuleux, scénario surprenant, nouveau couple Prince/Elika attachant, univers fouillé… le reboot de 2008 portait la série vers de nouveaux sommets en terme d’habillage. Comparativement, les Sables Oubliés, malgré une réalisation excellente, fait pâle figure. Le retour à un rendu réaliste, plus en phase avec le film, manque de charme et de magie. Le héros tombe dans la caricature du bellâtre lambda, on peine à retenir le nom de la belle de service et l’intrigue ne réserve guère de surprise. On apprécie le travail des développeurs sur les imposantes architectures et les ennemis détaillés mais il y a clairement une régression esthétique. Cela dit, ce retour aux bases s’accompagne d’un aspect positif.

Sans les petites roues

Les phases de plates-formes, excessivement assistées dans le précédent épisode, redeviennent un véritable challenge. Que ce soit pour enchaîner avec grâce des acrobaties délirantes ou slalomer entre les pièges, il vous faut faire preuve d’un timing précis et de maîtrise. Aux mouvements habituels s’ajoutent de nouveaux éléments magiques : transformer temporairement l’eau en glace, faire réapparaître des structures disparues (seulement une à la fois) et réaliser une attaque "téléportée". S’il n’y a rien de bien original dans l’application de ces mécaniques, le cumul de tous les éléments s’avère agréable et rend certains passages assez sportifs. Il faut dire que de façon générale, le "level design" est un modèle du genre.
Malheureusement, le reste du jeu ne se montre pas vraiment à la hauteur. Les puzzles, à l’exception de 2-3 utilisations de l’élément liquide, reposent sur de la manipulation de levier classique et les "pièges" sont excessivement familiers. Puis il y a les combats, domaine dans lequel la série n’a jamais vraiment été très à l’aise.

Une seule magie suffit

Le jeu joue la carte du nombre, vous demandant de gérer régulièrement plus d’une vingtaine d’ennemis ayant 4-5 aptitudes différentes. On peut balancer un adversaire sur d’autres, bondir sur leurs têtes pour atteindre un sorcier qui reste en retrait… L’idée est bonne, mais l’application un peu molle et surtout, les pouvoirs magiques améliorables (armure de pierre, traînée de feu, souffle glacé, tornade), censés élargir les possibilités, tuent complètement l’intérêt. Ils sont introduits de façon abrupte, sans explication, sans système de vulnérabilité/résistance, sans véritables restrictions. Du coup, les affrontements se résument vite à se placer au milieu d’un groupe pour déclencher la tornade avant d’éliminer les quelques survivants. Les boss et semi-boss n’offrent d’ailleurs pas beaucoup plus de challenge. On a l’impression que les développeurs n’ont pas eu le temps d’exploiter correctement leurs idées, que ce soit à cause d’une période de gestation trop courte ou de la faible durée de vie du jeu. Du coup, si le résultat honnête suffira à satisfaire les spectateurs du film, les fans de la série risquent de rester sur leur faim.

Test réalisé par Frédéric Dufresne.


Note globale :

Intérêt :
Ce jeu collectionne les "mais". Une réalisation réussie mais dépourvue de la magie du précédent opus. Un challenge plate-forme de retour au top mais des puzzles et des pièges déjà vus cent fois. Des bonnes idées pour le système de combat, mais mal exploitées. Un épisode court qui se destine plus aux spectateurs du film qu’aux fans de la série.

Réalisation :
S’appuyant sur le moteur Anvil (Assassin’s Creed), ce PoP bénéficie d’un rendu visuel d’excellente qualité. Les décors sont beaux, à la fois vastes et détaillés, mais aussi très génériques. On déplore un mixage sonore raté, les dialogues et les jolies partitions étant souvent couverts par les bruitages.

Prise en main :
Ne vous y trompez pas, la prise en main de PoP est excellente, notamment en ce qui concerne la partie acrobatique, véritable modèle du genre. Ce sont les puzzles, basiques, et les mécaniques de combats ratées qui pêchent sur l’évaluation.

Durée de vie :
Comptez 7 heures à peine pour finir l’aventure, avec une poignée de défi sans grand intérêt en plus. Le précédent nécessitait pas loin du double d’heures.


Avis de la rédaction

A qui s’adresse ce jeu ?
- Aux joueurs de plus de 16 ans
- A ceux qui ont aimé le film mais ne connaissent pas la série

Vous aimerez si vous avez aimé :
- Prince of Persia : Les Sables du temps sur PS2.

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