Sega Superstars Tennis (DS)
Que font les héros de Sega lorsqu’ils ne sauvent pas leurs mondes respectifs ? Ils se défient au tennis. Le style n’est pas très académique, mais qu’importe, l’objectif n’est pas de se classer à l’ATP.
Test
Note globale :
Genre : Sport
Sortie : 28/3/2008
Multijoueurs : Non
Internet : Non
Local : Non
Éditeur : SEGA
Développeur : Sumo Digital
Langues : Francais
Pour leurs frasques tennistiques, les Superstars de Sega s’offrent une sortie sur toutes les consoles en vogue du marché. Autant dire que c’est la grande classe, sauf que, comme dans la plupart des familles nombreuses, il y a toujours le ou les chouchous, et puis les autres. Cette version DS est définitivement dans la deuxième catégorie. Le jeu ne tient pas vraiment compte des caractéristiques de la console. C’est un peu comme si la version salon était passée entre les mains habiles de réducteurs de têtes. Le résultat n’est pas vilain, certains aspects sont même impressionnants, tandis que d’autres sont assez rageants.
Plein les yeux, plein les oreilles
Sega Superstars Tennis débute par une très belle cinématique, pas vraiment originale mais convaincante, qui laisse à penser que les fans vont être gâtés : c’est le cas. Seize personnages, tous bien modélisés et accompagnés de leur thème musical original, sont disponibles. Ils sont issus de huit des licences les plus célèbres de Sega, parmi lesquelles on compte Sonic bien sûr, mais aussi Super Monkey Ball, Space Channel 5 ou les plus surprenantes Alex Kidd et Golden Axe.Sur le total des dix terrains, certains reprennent les univers des joueurs, mais pas seulement, puisque de nouvelles références font leur apparition comme Outrun ou After Burner. Le tableau ne serait pas complet sans citer les huit arènes dédiées aux minijeux et inspirées, entre autres, de House of the Dead, Space Harrier ou encore Virtua Cop. Non seulement celles-ci allongent la liste des licences utilisées, mais elles en utilisent aussi des éléments de gameplay.

Sans sourciller, c’est de l’arcade
La prise en main du jeu est immédiate. Deux boutons gèrent l’ensemble des coups, la croix directionnelle s’occupe des déplacements et les gâchettes déclenchent le super pouvoir. Si les contrôles semblent assez rudimentaires, ils sont largement suffisants pour faire lift, slice, amorti ou lob.La puissance et l’angle des coups résident dans l’anticipation et le placement. Ce système présente deux avantages : les débutants peuvent dès le début faire des échanges sans le moindre problème, quant aux joueurs avertis, ils accèdent malgré tout à une certaine finesse de jeu. Cependant l’ensemble s’avère un peu trop mou et nous prive des sensations de frappes. De plus, seul l’écran du haut est utilisé, et sa petite taille laisse les subtilités et autres nuances du jeu au vestiaire. Celle-ci est d’ailleurs encore plus contraignante sur certains terrains dont le graphisme ne permet pas de bien différencier la surface des lignes et de la balle.
C’est le cas pour l’environnement Knights ou Space Channel 5. Quant à l’écran tactile, il est possible de l’activer pour une gestion exclusivement au stylet, mais la jouabilité devient alors tellement catastrophique, que l’on en vient à se demander pourquoi cette option est disponible. Ces exemples transpirent l’adaptation d’un jeu à la base développé pour une autre plate-forme, et finissent par faire regretter le multi support.
Peut-être un peu trop m’as-tu-vu
Le véritable point fort du jeu est l’application et le soin qui ont été apportés pour multiplier les références aux différents univers qui ont contribué au succès de Sega. Pour faire joujou, c’est très bien, mais pour le tennis, c’est un peu court, y compris à plusieurs où ce type de jeu prend normalement tout son sens. Trop limité et superficiel, le plaisir fait rapidement place à l’ennui. Pour une fois, ce sont les minijeux qui s’en sortent finalement le mieux avec leurs intrusions et leurs emprunts à quelques vieilleries du jeu vidéo. Les connaisseurs et les fans apprécieront, quant aux autres, ils ne comprendront pas trop à quoi ils sont soumis, mais s’amuseront quand même. Le spectre de Virtua Tennis rôde sur les Superstars de Sega, sans le rendre pour autant attractif. Le jeu est juste honnête, et il ne fascinera vraiment que les chasseurs de fantômes de gloires passées et les grands naïfs.Test réalisé par Mathias Lavorel.
Note globale :
Intérêt :
Agréable pour une plongée de surface dans l’univers de Sega et du tennis. Si vous cherchez l’ivresse des profondeurs, vous ne trouverez rien ici de véritablement excitant.
Graphisme :
Excellente cinématique d’intro, des personnages et des décors plutôt très détaillés sur DS, malheureusement certains environnements, en regard de la petite taille de l’écran, sont peu lisibles.
Animation :
Les échanges sont assez dynamiques en simple, les doubles sont plutôt bien gérés malgré quelques petits ralentissements. Le rendu des différents supers pouvoirs est toujours agréable.
Son :
Pour les fans de Sega, il y a de quoi croquer dans la madeleine de Proust. Les musiques et les bruitages correspondent aux différents jeux qui servent de référence. Des voix ponctuent régulièrement les points, mais leur faible nombre font qu’elles sont vites stressantes.
Jouabilité :
Même si il est possible de jouer avec le stylet, ce mode est calamiteux. Le jeu aux boutons est dans l’esprit de Virtua Tennis en un peu plus mou. Basé sur le placement et l’anticipation, la petite taille de l’écran du haut, le seul exploité dans les parties, limite les sensations.
Multijoueur :
Le multi propose soit des parties en simple avec une seule cartouche, soit des doubles à quatre joueurs avec une cartouche par console. Cependant les défauts du mode solo, comme la mollesse des échanges et l’imprécision se retrouvent aussi en multi. Il faut vraiment aimer le style arcade.
Difficulté :
La difficulté lors des tournois est assez aléatoire puis devient vraiment difficile sans véritable palier. L’ensemble des minijeux est globalement assez facile à surmonter, bien que les écarts entre certains soient importants.
Durée de vie :
Théoriquement, les épreuves sportives ont une durée de vie énorme, sauf qu’ici ce n’est pas le cas, le titre n’étant pas très accrocheur. Pour tout débloquer, les plus obstinés devront s’accrocher face à la difficulté finale des tournois. Les autres remiseront la cartouche après avoir retourné les minijeux.
Avis de la rédaction
A qui s’adresse ce jeu ?
- Aux sportifs de plus de 7 ans qui refusent de se prendre la tête sur un jeu de tennis
- Aux fans de Sega légèrement nostalgiques et pas vraiment sportifs
- A ceux qui adorent les coups spéciaux dans les matchs sportifs, bref, à ceux qui trichent…
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